
Les adeptes de la divinité « Togbé Lankpan » et les membres du clan Ela ont bouclé le jeudi 25 septembre 2025 à Aného, leur carnaval religieux annuel dénommé « Kpan tchon tchon ». Cette cérémonie rituelle s’inscrit dans le cadre de la célébration de la 362ème édition de la fête traditionnelle Epé-Ekpé du peuple Gê et Mina.
Le Carnaval traditionnel annuel dénommé « Kpan tchon tchon » a connu son apothéose le jeudi 25 septembre 2025 à la plage à Aného au quartier Djamadji-Ela. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de la célébration de la 362ème édition de Epé-Ekpé en pays Gê-Mina. Elle a été marqué par la sortie et la procession des adeptes, habillés en blancs ainsi que des non-initiés de la lignée « Ela » parés d’une herbe rituelle appelée Agnangran ou Sika. Le tout en présence des prêtres des 41 divinités de la cosmogonie des Gê et Mina, ainsi que des autorités locales, traditionnelles et d’une foule de curieux.
Les adeptes ont chanté et dansé en l’honneur de leurs 41 divinités du Panthéon Gê pour se rappeler du long périple et de la ruse de leurs ancêtres venus du Ghana pour échapper aux hordes des « Akwamu ». Kpan tchon tchon est une cérémonie rituelle de purification et de renouvellement de l’être sur le plan spirituel organisé par un des six clans tougban que sont les Ela ou Lamou (venus du quartier Labadji à Accra). Il s’ouvre 48h après le nouvel an Gê ou Nlowa wa dogbé. Il commence un mardi (Ekpan dja gbonou ou l’ouverture du carnaval) ; Il continue mercredi (Ekpan lé agbonou) et se termine jeudi (Ekpan yi ho) qui marque la fin du rituel.

Cette manifestation constitue un renouvellement spirituel de soi de l’homme Lamou. C’est aussi une période iconoclaste où on les normes sociales sont brisées ; ce qui est interdit est fait et la parole est libérée pour critiquer sans sanction les autorités publiques, religieuses et même les rois sans oublier le citoyen lambda. Enfin, cette cérémonie ouvre la voie aux femmes et hommes stériles de demander la fécondité à la divinité Lankpan.
A la fin des parades des adeptes Lankpan et des non-initiés, herbes, accoutrements, et objets ayant servi à ce carnaval sont déposés devant le couvent de la divinité Lankpan. C’est le symbole des impuretés de l’année écoulée. Puis les Lamou et adeptes des divinités demandent protection santé et bonheur pour la nouvelle Gê à la divinité Lanpkan.

Pour Togbé Edoh Maxime, prêtre Dan Mami, cette cérémonie trouve ses origines depuis le Ghana. « Cette cérémonie est à sa 362ème édition cette année. C’est une cérémonie que nos aïeux même avaient amené depuis le Ghana et ils sont venus s’installer ici à Aného et nous, nous avons continué ce qu’ils faisaient avant », a-t-il déclaré avant d’exhorter la jeune génération à préserver cet héritage culturel.

Notons que les Lamou participent à 70% de tous les rituels de Epé-Ekpé entre juin et décembre. Entre autres rituels il y a sédodo ou 1ère annonce des abstinences et interdiction ; Emotata ou préparation spirituelle et matériel des voies pour la descente des divinités au sein du peuple. Ils participent aussi à Ekpéssosso (prise de la pierre sacrée), et la sortie de Togbé Esra avec procession de Djossi à Djamadji.
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