
La cérémonie de la prise de la pierre sacrée appelée localement « Ekpéssosso » chez les Guin est désormais inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité. La décision a été actée le jeudi 11 décembre à New Delhi en Inde, lors de la 20ᵉ session du Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).
C’est l’aboutissement d’un processus entamé il y a près deux ans. En effet, l’inscription du rituel de la prise de la pierre sacrée ou Ekpéssosso (en langue locale) au patrimoine immatériel de l’UNESCO est une initiative de l’académie du Guingbe et des savoirs endogènes Guin et Mina. Cette association a été soutenue dans sa démarche par la direction du patrimoine culturel, qui a soumis le dossier en février 2024 au secrétariat de la Convention de 2003.
Le dossier a ensuite fait l’objet d’une évaluation sur une période d’environ dix mois avant que la décision finale ne soit prise le jeudi 11 novembre à New Delhi en Inde. L’inscription d’Ekpéssosso au patrimoine immatériel de l’UNESCO était un vœu de la communauté Guin qui s’est enfin réalisé. Cela constitue également une fierté pour la Commune des Lacs 1 dont l’un des cantons notamment Glidji, abrite la forêt sacrée où se déroule chaque année depuis plus de 300 ans, les rituels de la prise de la pierre sacrée.
Par cette inscription au patrimoine de l’UNESCO, Ekpessosso ne relève plus seulement d’une communauté ou d’un terroir, mais rejoint désormais le patrimoine commun de l’humanité. Ainsi la communauté Guin peut compter sur des partenaires pour assurer la sauvegarde, la conservation, la valorisation et la transmission de ce rite sacré aux jeunes générations afin d’étendre la durée de vie de ce patrimoine culturel immatériel. Cette concrétisation internationale renforce aussi la notoriété d’Ekpessosso, favorise son rayonnement et ouvre la voie à des projets de développement culturel et touristique dans la Commune des Lacs 1.
« C’est un sentiment de très grande fierté. Cette reconnaissance arrive au bon moment. Elle consacre la valeur exceptionnelle de ce rite et son ancrage dans le temps. Mais elle contribue aussi au développement économique de notre ville », s’est réjoui à l’annonce de la nouvelle, le Maire de la Commune des Lacs 1, Me Alexis Coffi AQUEREBURU qui veut faire de la culture, l’un des axes de développement de la ville tricentenaire.
Représentatif de toute l’aire culturelle Guin, Ekpéssosso n’est qu’une étape dans le processus rituel d’entrée dans la nouvelle année Guin. Mais avant cette étape de la prise de la pierre, des cérémonies et des consultations sont organisées. Elles sont regroupées en différentes phases à savoir : Sédodo (décrets des interdictions) ; Situtu (rite de purification) ; Môtata (aplanissement de la voie) ; Blikumama (distribution des grains de maïs) ; Tchessidodo (préparation de l’eau de purification) ; Avéfonfon (débroussaillement de la voie) ; Ekpesoso ; Nloli Yogbé (invocation des morts) ; yêkêyêkê dugbé (repas du couscous traditionnel fait à base du maïs) ;Nlowa nagbé (nouvel an guin) ; Ekpantchontchon (carnaval) ; et Vodudzé Apu (retour des divinités à la mer).
Rappelons que la 362ème édition de Epé-Ekpé a été célébrée cette année avec la prise d’une pierre de couleur « blanc sal » symbole d’invite à l’union et à la solidarité, selon les messagers.
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